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Quelques éléments historiques
Histoire chronologique

Carte Géopolitique : Le Tibet au sein de l'Asie

Géographie
Vœux 2001 de bonne année du Dalai Lama

Préparation de la Succession du Dalai Lama

Le Tibet vu par un expat (anonyme)

 

 

Quelques éléments historiquesgo to top
Civilisation brillante, creuset d'une culture unique, le Tibet a connu grandeurs et splendeurs tout comme   vicissitudes et dangers extrêmes au cours de son histoire mouvementée.

Les découvertes archéologiques situent les premiers peuplements du Tibet à la période mésolithique (12000 - 6000 av. JC).

La première grande étape de son histoire est le règne du roi Songtsen Gampo 33e de la dynastie des rois du Tibet (620 - 640 ou 650 suivant les sources) unificateur du Tibet. Il règne sur la vallée de Yarlung berceau de la nation tibétaine. Marié à une tibétaine, il épouse aussi quelques temps plus tard une princesse chinoise et une princesse népalaise et déplace sa capitale à Lhassa. Très vite, l'empire tibétain atteint le zénith de sa puissance étendant son influence jusqu'au Pamir, au Turkestan et au Népal.

755 - Le bouddhisme est introduit au Tibet par le roi Trisong Detsen qui invite deux moines érudits indiens bouddhistes (pandits) à enseigner le Dharma à Samyé. Puis construire un monastère au même endroit et à former les premiers moines tibétains.

Le Tibet conclut un traité de paix avec la Chine en 821.

838-842 - Les adeptes de la religion Bon (religion animiste) se révoltent contre les bouddhistes. Le roi Langdarma engage contre eux des persécutions.

IXe-XIe siècle - Déclin de l'empire tibétain, fragmentation du royaume et dissolution du bouddhisme. C'est l'âge noir du Tibet.

Fin du XIe siècle - Renaissance du bouddhisme au Tibet avec l'arrivé d'Atisha, Marpa, Milarépa et autres grands maîtres indiens.

Au début du XIIIème siècle, Gengis Khan a conquis la Chine. Le Tibet se soumet à son tour à la domination mongole en 1239 dont il se libère en 1350.

1357-1419 - Le réformateur bouddhiste Tsongkapa fonde l'ordre des Gelugpa plus connu sous le nom de "Bonnets jaunes".

1578 - Sonam Gyatso devient le IVe Dalaï-Lama. il règnera de 1617 à 1682. C'est lui qui ordonnera la construction du Potala sur une des colines dominant Lhassa.

1626 - Des moines chrétiens en visite arrivent au Tibet pour une mission d'étude et d'évangélisation.

En 1652, le Vème Dalaï Lama se rend à Pékin. Entre le Tibet et la Chine s'établit une relation de « prêtre-patron » (Chö-Yön en tibétain). Le Dalaï Lama est guide spirituel de l'empereur chinois qui lui offre en retour sa protection temporelle.

En 1720, l'armée des Qing entre à Lhassa pour chasser les mongols. Les mandchous en profitent pour réorganiser l'administration tibétaine et imposer une « supervision » impériale. Des « ambans » représentants du trône de Pékin, stationnent à Lhassa. En 1792, l'empereur Qianlong envoit ses troupes à Lhassa expulser des envahisseurs népalais. Le Tibet est alors bien prêt de tomber dans l'orbite chinoise. La frontière entre indépendance et inter-dépendance est difficile à établir.

1788-1791 - L'armée Népalaise envahit le Tibet et est repoussée par l'armée chinoise

1855-1856 - Le Népal envahit de nouveau le Tibet et exige, pour sa suzeraineté, le versement annuel d'un tribut.

Après la mort de Qianlong en 1795, le Tibet regagne peu à peu sa liberté. En 1911, la dynastie chinoise des Qing s'effondre, la première République chinoise est proclamée. S'ensuivent 18 ans d'instabilité en Chine dont le Tibet profite pour chasser les chinois de Lhassa et proclamer son indépendance en 1913.

Le Tibet demeure de facto indépendant jusqu'en 1950, lorsque 80 000 soldats de Mao Tsé Toung se lancent à l'assaut. Mao contraint les tibétains à signer un accord en 17 points en mai 1951 où ils admettent la souveraineté chinoise sur le Tibet en échange d'une promesse de respecter un très large degré d'autonomie. Promesse très vite trahie...

Tandis que l'est et le nord-est du Tibet se soulèvent contre le présence chinoise, le Dalaï Lama se réfugie en Inde en mars 1959. Lhassa se rebelle contre l'occupant. La terrible répression qui s'ensuit marque le début d'exactions atroces perpétrées contre la population tibétaine, en particulier pendant la révolution culturelle (1966-1976). Le bilan précis de ces tourments reste à faire.

Il est établi que des centaines de milliers de tibétains sont morts du fait de la présence chinoise, déportés dans les camps de travail, poussés au suicide ou victimes de la famine.

La quasi totalité des 6000 temples et monastères tibétains ont été détruits et pillés. Une centaine ont été reconstruits et restaurés.

Après la mort de Mao Tsé Toung en 1976, le Tibet bénéficie d'une petite dose de tolérance, y compris religieuse.

Les émeutes anti-chinoise de 1987 marquent cependant un renouveau du nationalisme tibétain. D'autres émeutes ont lieu en 1988-89, toutes réprimées dans le sang, faisant des centaines de victimes et de très nombreuses arrestations.

Depuis, malgré une surveillance très sophistiquée installée à Lhassa, les manifestations continuent, mais sans le témoignage des journalistes étrangers qui ne peuvent plus s'y rendre.

La question du Tibet, longtemps oubliée, revient sur la scène internationale. En décembre 1989, le Dalaï Lama reçoit le Prix Nobel de la Paix. Depuis il parcours le monde et il rencontre les « grands » de la planète auprès de qui il plaide pour la survie de son peuple.

Le temps presse car la sinisation du Tibet fait des progrès rapides et risque de bientôt détruire à jamais la civilisation tibétaine. Déjà les tibétains sont minoritaires sur leur propre sol, et la colonisation s'accentue de jour en jour...

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Histoire chronologiquego to top

Le rude climat du plateau tibétain, son isolation, la politique résolument isolationniste des dirigeants et le fort désir d'indépendance du peuple tibétain ont fait que le Tibet a été épargné pour la plus grande partie de son histoire de toute influence étrangère.

Voici quelques haut-faits historiques brièvement relatés retraçant l'histoire du pays de Bod:


 

620-650

Songtsengampo, 33e de la lignée mythique des rois du Tibet, règne sur la vallée de Yarlung berceau de la nation tibétaine. Plus tard il se marie à une princesse Chinoise et à une princesse népalaise et déplace sa capitale à Lhassa

755

Le bouddhisme est introduit au Tibet quand Trisong Detsen invite deux moines indien à enseigner à Samye, à construire un monastère et à former les premiers moines tibétains

838-842

Les adeptes de la religion Bon (religion animiste) se révoltent contre le bouddhisme et le roi Langdarma les bannit

9e-11e siècle

Déclin de l'empire tibétain, fragmentation du royaume et dissolution du bouddhisme

Fin du 11e siècle

Renaissance du bouddhisme au Tibet avec l'arrivé d'Atisha, Marpa, Milarepa et autres grands maîtres indien

1239

Le Tibet est envahi par les mongols

1357-1419

Le réformateur bouddhiste Tsongkapa fonde l'ordre des Gelugpa (les bonnets jaunes)

1578

Sonam Gyatso devient le IVe Dalaï Lama 

1617-1682

Règne du grand Ve Dalaï Lama qui commence la construction du palais du Potala

1626

Des moines capucins visitent en premiers européens le Tibet

1728

Les Manchus prennent le contrôle du Tibet

1788-1791

Le Népal envahit le Tibet et est repoussé par l'armée chinoise

1855-1856

Le Népal envahit de nouveau le Tibet et s'assure le payement annuel d'un tribut

1904

La mission du Col. Francis Younghusband occupe Lhassa et obtient la signature d'un traité

1911

Après la chute de la dynastie Manchu en Chine le XIIIe Dalaï Lama retourne au Tibet devenu autonome

6 Juin 1935

Naissance du XIVe Dalaï Lama

1950

La Chine Communiste envahit et occupe le Tibet

1951

La Chine Communiste concède une autonomie pour les affaires intérieures au Tibet

1959

L'insurrection contre l'oppression chinoise est anéantie; le Dalaï Lama se rend en exil en Inde

1965

Le Tibet devient une Région Autonome de la République Populaire de Chine

1966-1976

La Révolution Culturelle frappe le Tibet

1986

Le Tibet est ouvert au tourisme individuel

1988

Le Tibet est fermé à tout tourisme sauf celui de groupe

1989

Le Dalaï Lama reçoit le Prix Nobel de la Paix

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Géographiego to top

Le peuple tibétain, malgré la diversité géographique, a une identité propre, soudée par une langue, une culture et une religion communes. Aujourd'hui, la population tibétaine (en y incluant les exilés) compte plus de 6,2 millions d'individus.

 D'un point de vue ethnique, les premiers Tibétains sont vraisemblablement d'origine tibéto-birmane, mais au cours des siècles, des peuples d'origines ethniques différentes y furent assimilés ; parmi ceux-ci, les Turco-Mongols, après qu'ils eurent été conquis par le Tibet aux VIIe et VIIIe siècles, d'autres groupes mongols, les Dards de l'ouest du Tibet, ainsi que les Monpa et les Lhoba, peuples montagnards du sud de la chaîne himalayenne. Par delà cette diversité ethnique, une langue et une culture communes assurent l'unité et une organisation caractéristique de la vie et de la société.

 Bien que le bouddhisme ait exercé une influence certaine sur la culture tibétaine, la civilisation du Tibet est antérieure, formée initialement par la religion Bön. Les bouddhistes considèrent que tuer un animal est un péché et les Tibétains ne tueraient un animal que pour survivre. Les Tibétains tuent les animaux pour se nourrir, se vêtir et s'abriter, et font preuve d'une grande ingéniosité dans l'utilisation des produits de l'animal. Par exemple, toutes les parties du yak sont utilisées, y compris la poche de l'estomac qui sert à conserver le yoghourt.

 Le peuple du Tibet s'est adapté au plateau tibétain, dont certaines régions sont parmi les plus hostiles du globe ; il y a trouvé des moyens de subsistance en adaptant son mode de vie. Les centres traditionnels de la civilisation tibétaine occupaient les vallées du Sud et de l'Est où les terres étaient cultivables. Dans ces vallées profondes mais souvent fertiles, les Tibétains ont produit des quantités considérables d'orge, leur nourriture principale. Aujourd'hui encore, la majeure partie de la population du Tibet se concentre sur ces terres arables.

 Les nomades du Chang Thang - et des autres régions de pâturages du Tibet - sont relativement peu nombreux et se déplacent dans les zones de pâture désignées. L'une des raisons principales de leur succès en matière de gestion des pâturages vient de leur attitude « non interventionniste ». Ils mènent simplement leur bétail jusqu'aux pâtures et reçoivent tout ce dont ils ont besoin des animaux. Par conséquent, leur impact dans cet environnement naturel est faible et sans inconvénient majeur, même à long terme. On note une adaptation physiologique des habitants du Haut-Tibet à la rareté de l'air (due à l'altitude supérieure à 4 000 m), par l'augmentation de la capacité du corps à transporter l'oxygène jusqu'aux tissus.

 D'un point de vue historique, le Tibet a été gouverné par une monarchie héréditaire depuis 127 av. J.-C. pendant près de 1 000 ans. Les rois les plus illustres de cette dynastie, Songtsen Gampo, Trisong Detsen et Tri Ralpachen, ont introduit et encouragé le bouddhisme au cours des VIIe, VIIIe et IXe siècles, une période où la puissance politique et militaire de l'Empire tibétain atteint son apogée.

 A cette époque, le Tibet et la Chine de la dynastie T'ang s'affrontaient souvent : une inscription sur une colonne située sous le palais du Potala à Lhassa décrit la conquête de l'ouest de la Chine par l'armée tibétaine au VIIIe siècle. L'égalité et la réciprocité des relations entre la Chine et le Tibet furent plus tard énoncées dans les termes du Traité de Paix de 821, inscrit sur une colonne en face du Temple de Jokhang à Lhassa.

 A partir du XIIIe siècle, quand Kubilai Khan se convertit au bouddhisme, des relations privilégiées s'établirent entre les empereurs mongols de Chine et les grands lamas du Sakya au centre du Tibet. Les lamas du Sakya devinrent les gouverneurs du Tibet et les pontifes suprêmes de l'Empire mongol, qui comprenait la Chine.

 Ces relations continuèrent à se développer sous la dynastie mandchoue des Ch'ing (1644-1911) et les Dalaï-Lamas. Le Dalaï-Lama, chef de l'État et de l'Église, devint aux yeux des empereurs mandchous ce que le pape était aux monarques chrétiens. Ces rapports entre le Tibet et les Mandchous ne faisaient en aucun cas du Tibet un État vassal de la Chine. Décrivant cette période de l'Histoire, Sa Sainteté le XIVe Dalaï-Lama s'exprime ainsi :

 «Durant les deux siècles et demi de gouvernement par les Dalaï-Lamas, jusque vers la fin du XIXe siècle de l'ère chrétienne, des relations personnelles et réciproques s'étaient instaurées entres les Dalaï-Lamas et les empereurs de Chine, les premiers représentant un gouvernement religieux, les seconds un gouvernement séculier quelque peu ténu. En 1728, l'empereur désigna deux dignitaires, appelés Ambans, pour le représenter à Lhassa. Ils exerçaient une certaine autorité, mais toujours sous le gouvernement du Dalaï-Lama.»
(Dalaï-Lama, 1962)

Finalement, en 1912, les Tibétains repoussèrent les Ambans et toutes les forces militaires, mandchoues hors du Tibet, vers l'Inde.

 En 1913, Sa Sainteté le XIIIe Dalaï-Lama déclara l'indépendance du Tibet par rapport aux Mandchous. Selon le rapport de la Commission internationale des juristes, « le Tibet et la République Populaire de Chine », furent établis :

 « De 1913 à 1950, le Tibet a démontré son existence en tant qu'Etat, tel que le conçoit le droit international. En 1950, il y avait au Tibet un peuple, un territoire, et un gouvernement, menant ses propres affaires indépendamment de toute autorité extérieure. De 1913 à 1950, les relations extérieures du Tibet furent conduites exclusivement par le gouvernement tibétain et, selon des documents officiels, les pays avec lesquels le Tibet entretenait des relations traitaient le Tibet comme un Etat indépendant. »

 La Chine communiste a envahi le Tibet en 1949, et un Accord en 17 points a été signé sous la contrainte en 1951. La violation des termes de cet accord par la Chine a provoqué des émeutes étendues au Tibet. En mars 1959, à la suite du soulèvement de Lhassa, le Tibet a officiellement abrogé l'accord de 1951. Sa Sainteté le XIVe Dalaï-Lama, ainsi que quelque 85 000 Tibétains, ont fui vers l'Inde, le Népal et le Bhoutan, où ils ont reçu l'asile politique. Depuis, la colonisation et l'oppression du peuple tibétain par les communistes chinois continuent.
 
 

Vœux de bonne année du Dalai Lamago to top
(en 2001 mais c'est intéressant).
Instructions pour mener votre vie
1. Tenez compte du fait que le grand amour et les grandes réussites impliquent de grands risques.
2. Lorsque vous perdez, ne perdez pas la leçon.
3. Suivez les 3R: Respect de soi-même; Respect des autres et Responsabilité de tous vos actes.
4. Souvenez-vous que ne pas obtenir ce que vous voulez est parfois un merveilleux coup de chance.
5. Apprenez les règles pour savoir comment les transgresser correctement.
6. Ne laissez pas une petite dispute meurtrir une grande amitié.
7. Lorsque vous réalisez que vous avez commis une erreur, prenez immédiatement des mesures pour la corriger.
8. Passez un peu de temps seul chaque jour.
9. Ouvrez vos bras au changement, mais ne laissez pas s'envoler vos valeurs.
10. Rappelez-vous que le silence est parfois la meilleure des réponses.
11. Vivez votre vie d'une façon bonne et honorable. Ainsi, lorsque vous vieillirez et que vous regarderez en arrière, vous en profiterez une deuxième fois.
12. Un foyer aimant est la fondation de votre vie.
13. Dans les désaccords que vous avez avec ceux que vous aimez, ne vous occupez que de la situation actuelle. Ne réveillez pas le passé.
14. Partagez votre savoir. C’est une manière d'atteindre l'immortalité.
15. Soyez tendre avec la Terre.
16. Une fois par an, allez quelque part ou vous n'êtes jamais allé auparavant.
17. Souvenez-vous que la meilleure des relations est celle dans laquelle l'amour que chacun porte à l'autre dépasse le besoin que vous avez de l'autre.
18. Jugez vos succès d'après ce que vous avez dû sacrifier pour les obtenir.
19. Approchez l'amour et la cuisine avec un abandon insouciant.
Tashi Deleg, Dalai Lama go to top
 
 

Préparation de la Succession du Dalai Lamago to top
 


Le Dalaï Lama veut vite lancer le processus d'élection de son successeur.
(INTERVIEW) par Pierre LESOURD NEW DELHI, 28 janvier 2001 (AFP).

Le Dalaï Lama a jugé dimanche nécessaire d'engager dès cette année le processus d'élection de son successeur pour assurer, après sa mort, la pérennité du mouvement de libération tibétain.

Le guide spirituel des Tibétains, âgé de 65 ans, tout en n'écartant pas un règlement de la question du Tibet avec la Chine de son vivant, a souligné dans une interview accordée à l'AFP que le processus de transition devait être engagé sans tarder pour éviter un vide du pouvoir à la tête de son gouvernement en exil s'il devait décéder.

Son successeur, a insisté le Dalaï Lama, devra être démocratiquement élu pour éviter toute scission au sein de la communauté tibétaine en exil ou entre les différentes écoles du bouddhisme tibétain.

«Je pense que si le Dalaï Lama est simplement remplacé par un autre Lama, les autres écoles ne seront pas d'accord entre elles», a-t-il noté. «La méthode la meilleure et la plus sûre est donc un recours à des élections», a-t-il ajouté, en précisant que le processus de désignation de son successeur devrait débuter dès cette année. «J'ai la conviction que pendant que je jouis d'une vie active, je veux avoir à mes côtés un dirigeant élu de façon qu'à ma mort il y aura quelqu'un qui sera déjà bien en place». La communauté tibétaine est de plus en plus préoccupée par le fait que la personnalité hors du commun du Dalaï Lama et l'aura universelle qui lui a valu un prix Nobel de la Paix en 1989 rende particulièrement difficile sa succession.

Le Dalaï Lama, nommé chef de l'Etat dès l'âge de 15 ans, a indiqué qu'il allait préparer, dans les prochains mois, une liste de candidats puisés au sein de son gouvernement en exil.

Le Parlement tibétain en exil pourra alors choisir un candidat dans cette liste et celui-ci se verra confier un rôle comparable à celui d'un Premier ministre.

«Je pense qu'il s'agira là d'un premier pas dans le processus de transition», a-t-il dit, avant de préciser que le Karmapa Lama, l'adolescent arrivé en Inde il y a près de deux ans après une fuite spectaculaire de Lhassa (Tibet) à travers l'Himalaya, ne sera pas l'un de ces candidats. Des observateurs du mouvement bouddhiste tibétain avaient jugé que le Karmapa --reconnu par Pékin et le Dalaï Lama-- pourrait être formé en vue de prendre la tête du mouvement tibétain. «Je ne le pense pas. Pour le moment, il est trop jeune», a dit le Dalaï Lama qui a quitté lui-même le Tibet en 1959 avant d'établir son gouvernement en exil à Dharamsala, ville du nord de l'Inde.

La loyauté et le soutien de la communauté tibétaine en exil sont acquis au Dalaï-Lama qui a réussi à unifier les différentes composantes du mouvement de libération tibétain, dont certaines préconisent une action plus radicale que la campagne non-violente de leur guide spirituel en faveur d'une large autonomie du Tibet au sein de la République Populaire de Chine.

«Je suis persuadé que l'identité tibétaine est la véritable source de la cohésion du mouvement de libération et que, ironiquement, elle a été confortée par la démesure de l'attitude chinoise à l'encontre du dossier tibétain».

«Si au cours des cinquante dernières années le gouvernement chinois avait traité sereinement la question tibétaine, je pense qu'aujourd'hui, ce problème n'existerait plus».

Bien que le Dalaï Lama jouisse d'un grand respect international et que le sort des Tibétains sous le joug du communisme chinois suscite des mouvements de sympathie, le soutien officiel des gouvernements, en particulier en Occident, a fait place à la nécessité de maintenir des relations politiques et commerciales avec Pékin.

Au Tibet, sous leur contrôle total depuis mars 1959, les autorités chinoises exercent une supervision rigide de la pratique religieuse et poursuivent une politique de peuplement accéléré de la région avec des migrants venues d'autres régions de Chine.

Le frère aîné du Dalaï Lama a pu se rendre en octobre dernier à Pékin rétablissant ainsi un lien informel entre le mouvement tibétain et le gouvernement chinois après la rupture de tout contact pendant deux ans. Le Dalaï Lama a depuis proposé qu'une délégation de son gouvernement en exil se rende dans la capitale chinoise. Pékin n'a toujours pas répondu.

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Le Tibet vu par un expatgo to top
(2003-02)

Parole rapportée d'un jeune français)

Vivre au Tibet
Le Tibet vu pendant 2 ans par un jeune français, en 97 et 98

Après avoir passé 2 ans au Tibet, un jeune français s'exprime … Voici ici quelques paroles rapportées de sa lettre ouverte sur internet.

Le Tibet est une prison

Le Tibet historique a une superficie de 3 500 000 kms ² (7 fois la France) Une prison de la taille de l'Europe occidentale !
6 millions de prisonniers. Essayons de les libérer.
Je m'appelle " Freedom Fighter ", j'ai passé 2 ans au Tibet. Je suis arrivé fin 1995.
Je vais vous parler de ce que j'ai vécu , c'est un devoir pour moi.
Je souhaite commencer en pensant quelques instants à tous les prisonniers chinois. Ils sont 3 fois plus nombreux que les tibétains. La Chine est une prison. Une prison pour les âmes.  Je vais décrire les atteintes aux droit de l'homme et de la femme. Au niveau santé, rééducation du clergé, des loisirs, de la culture en général, architecture. Tout ce que vous lisez est vrai. J'en ai les preuves. (…)

Le non-respect de la religion
Les tibétains qui visitent le Potala (où il y a des caméras partout) vont dans un sens. Dans le sens de la visite. Les chinois et autres touristes visitent dans un autre sens. Pour emmerder les tibétains, pour leur montrer le peu de respect qu'ils ont pour le Tibet.  A l'entrée de chaque monastère aux alentours de Lhassa, à Shigatsé, à Gyantsé, il y a une plaque qui rappelle que les monastères sont des unités de travail comme les autres. Donc ils ne peuvent pas prier le dimanche. (…) Les Lamas ne peuvent plus donner d'enseignements. Il y a de la rééducation politique dans tous les monastères depuis 3 ans. Dans chaque ville importante du Tibet, il y a un chargé des affaires religieuses. Tout est contrôlé par les chinois.

Le Tibet chinois
Devant le Jokhang, le temple le plus sacré, il y avait une grande banderole en juin 1997 pour souhaiter un bon retour dans la mère patrie à Hongkong. Ne me traitez pas de raciste, car j'ai manifesté après minuit le 1er juillet à Hongkong. En Chine, avec des chinois, pour le Tibet, pour la liberté, pour la Chine.

Les " droits de l'homme "
Au Tibet, pendant que M.C(…) dit que les droits de l'homme sont universels, mais qu'ils peuvent s'interpréter de différentes manières selon les cultures, des femmes sont empalées vivantes dans les prisons. Oui, vous lisez bien : un bâton dans l'anus. Si elles mentent au cours de l'interrogatoire : on l'enfonce. Les chinois ont mis des matraques électriques dans le vagin des nonnes, coupé des mamelons…  Il y a un musée des droits de l'homme au Tibet. Je sais où il se situe. Les chinois ont tué des gens en Chine sans les toucher. Ils les mettent sous une cloche et font sonner. Après une semaine, tous les os sont brisés : c'est la mort. Le Tibet est aussi une immense caserne. Les chinois arrivent la nuit. Ils représentent 80 % de la population du Tibet historique, le vrai Tibet, le grand Tibet. Celui qui est grand comme l'Europe occidentale. Tout Lhassa est entouré de prisons. Les canons sont pointés en direction de la ville. Du haut des montagnes qui surplombent Lhassa on peut les apercevoir. Les chinois disent qu'ils représentent 10 % de la population du Tibet.
La première chose que l'on voit quand on arrive à Lhassa, c'est une caserne. Avant d'apercevoir le Potala, on voit une caserne avec des châteaux d'eau bleus et blancs. Au Tibet, on prononce les sentences en public. Des gyrophares, des sirènes suivent le cortège de camions avec des prisonniers et des militaires qui font une démonstration de leur force en fixant les passants de chaque côté de la rue, la mitraillette pointée sur la foule, le fusil bien droit. Ils effectuent le tour de la ville, j'ai des photos.  Les exécutions sont publiques aussi. Elles ont lieu à la sortie de Lhassa dans un enclos, deux virages avant le Bouddha sculpté dans la pierre sur la route de l'aéroport dans le flanc de la colline. L'été les touristes s'arrêtent et prennent en photo le Bouddha sans se douter ce qu'il se passe à 500 mètres. (…)

La méfiance…
Au Tibet, les parents n'osent plus parler à leurs propres enfants de certaines choses. Tout le monde se méfie de tout le monde. Il y a des espions partout. Les manifs durent une minute seulement. La ville est quadrillée. Il y a des caméras sur les toits qui surveillent.  (...) Apportez aussi des photos du Dalaï Lama, je sais à qui les donner.

L'éducation
En ce qui concerne l'éducation, je ne suis pas le mieux placé pour en parler mais je sais :
- Que les enfants ne peuvent plus porter d'habits tibétains à l'école.
- Que le chinois est la première langue en primaire, la seule dans le secondaire.
- Que les enfants ont des survêtements uniformes à Lhassa.
- Que les professeurs reçoivent entre 3 et 6 mois de formation contrôlée, tout est contrôlé.
- Que les écoliers doivent composer des rédactions contre le Dalaï Lama.
- Qu'ils paradent dans la cour de récréation et dans les rues avec des drapeaux rouges.
- Qu'ils doivent amener leur chaise, leur table, réparer les carreaux des vitres des salles de classes s'ils sont cassés. S'ils n'ont pas la carte d'identité de Lhassa, ils ne peuvent pas s'inscrire dans les collèges. A moins de payer, payer, payer… L'argent est roi, la corruption fait rage. C'est un véritable génocide culturel. Tout ce qui a trait à la culture est sinisé . (…)  Les jeunes écoliers dessinent d'un trait averti la calligraphie chinoise le soir à la maison. Ils savent que de leur connaissance de la langue de Mao et de leur application à reproduire les milliers de signes chinois dépend leur avenir dans le Tibet chinois. Des centaines de jeunes tibétains sont ainsi envoyés, chaque année, se former en Chine pendant des années à la médecine, la littérature, les langues pour les stupides touristes. Ils reviennent avec un œil, une oreille sinisée. Ils ne peuvent plus écrire le tibétain, s'exprime mieux en chinois. Qu'est ce qui représente le plus une culture que sa langue ?

Les soins…
Au Tibet, on stérilise de force les femmes. J'en ai la preuve.  Un " village doctor " touche 4 € par mois. Par contre, il faut un minimum de 120 € pour mettre un pied à l'hôpital : " le city hospital ".  Les paysans le savent, restent chez eux, meurent, car ils n'ont pas cette somme.

(…)
Il n'y a aucune éthique médicale au Tibet. Les chirurgiens s'entraînent parfois sur des tibétains.
Si un tibétain n'a pas d'argent et qu'il tombe malade, il est mal barré. Et comme les tibétains sont pauvres, la situation est difficile.
Il y a 4 hôpitaux à Lhassa :
Le City hospital : caution de 120€ pour les hospitalisations.
Le Regional hospital : caution de 230 €
L'hôpital des maladies infectieuses : 350 € de caution.
Et un hôpital de médecine tibétaine ; je ne connais pas le prix.

Pas de caution = pas d'hospitalisation = mort parfois.
Les gens le savent et ne se déplacent même plus. Ils savent qu'ils seront refoulés. Ils meurent. A 10 ans, 20, 30 ,60 ans. L'espérance de vie est à mon avis de 54 ans. Les femmes de la campagne accouchent sur la paille , seules, près des animaux. Pas d'accoucheuse traditionnelle. La mortalité est importante (infantile comme maternelle).
Il y a des campagnes de stérilisations forcées ou conseillées.
Des femmes racontent que dans le village régnait une odeur fétide de fœtus jetés dans les toilettes. Si elles ne venaient pas, on emprisonnait leur mari.
(…)
Dans chaque village il y a une " women federation " qui contrôle , réprime, mais ne fait pas de promotion en faveur de la vie, ou si peu. Jamais je n'ai vu un tel déploiement de méthodes contraceptives au monde. Les femmes ont le droit d'avoir 3 enfants dans les campagnes, 2 à Lhassa et 1 si elles travaillent pour le gouvernement. Elles doivent donner le bon exemple. Si elles dérogent à la règle : amende de 400 francs. Les enfants en sus ne sont pas enregistrés et ne peuvent obtenir aucun poste de fonctionnaire.
(…)
Aujourd'hui encore, on brûle des offrandes au Tibet pour que la fumée chasse les mauvais esprits. On consulte un Lama qui priera pendant 2 heures pour soigner un abcès dentaire. Rarement l'amji (le docteur) sera appelé dans la maison où un enfant malade souffre, de peur qu'il amène avec lui des mauvais esprits… l'enfant guérira seul ou ne guérira pas.

Connaître le Tibet ?
Je connais un peu le Tibet.
Un peu car je ne parle pas couramment leur langue. Alexandra David Néel dit qu'il faut avoir passé 10 ans dans un pays autre que le sien pour en parler. Qu'elle me pardonne. A l'époque où elle y était, les écoliers n'étaient pas obligés d'écrire des rédactions contre le Dalaï Lama et d'apprendre le chinois. Aujourd'hui, si un tibétain ne parle pas chinois à Lhassa il peut difficilement trouver du travail, 50 % des jeunes sont au chômage.
Heureusement, les chinois ont tout prévu pour les occuper : disco, cigarettes pas chères, alcool subventionné… En plus au pays de l'oxygène rare, les clopes durent plus longtemps : 15 minutes contre 5 en France. Si vous voulez faire des économies de clopes, allez fumer au Tibet.
Une responsable de l'agence de voyage " Nouvelles Frontières " m'a dit : " on n'a pas besoin d'accompagnateurs comme toi qui savent ce qui se passe là-bas ". Ils préfèrent envoyer des bœufs humains qui passent et ne comprennent rien.

Les montagnes sacrées
(…) Le Dalaï Lama n'encourage pas l'himalayisme. Tous les sommets sont sacrés. On ne peut pas aller au Tibet comme on va à la mer Méditerranée. J'ai un ami qui escalade des 8000 m mais qui regarde aussi les vallées qui précèdent ces 8000 m. Il amène ses amis avec lui pour partager . Même si certaines montagnes ne lui offrent pas le plaisir de les caresser au sommet, il les respecte et surtout respecte les tibétains.

Le respect d'un peuple
Le guide du routard a une section droits de l'homme au début de chaque ouvrage. Eux ils ont compris. Pas les touristes qui arpentent le Jokhang en short. Heureusement , je fais partie de la police de Lhassa, je veille. Les tibétains avouent que c'est un manque de respect de porter un short à Lhassa. Ecoutez-les et partez. Partez et emmenez les Chinois avec vous. Revenez quand vous aurez compris. Et quand vous reviendrez, allez tourner autour du Kailash avec M.Y. Il vit là-bas, il connaît le Kailash. Il vous accompagnera , moi aussi d'ailleurs.

Les temples et les monastères
J'ai arpenté pour la première fois les escaliers et les couloirs ombrés du Potala pour aider un moine qui souffrait d'épistasie. Il saignait du nez car les chinois avaient organisé une course du bas du Potala au sommet. Le premier gagnait un thermos. Mon "patient" n'avait terminé que 3ème. Il a gagné une consultation en échange d'une entrée gratuite au Potala. Le parti communiste athée jusqu'à la moelle après avoir emprisonné Nyma, le vrai Panchen Lama, un enfant de 6 ans, a transformé tous les monastères en unités de travail. Chaque établissement est donc surmonté d'un terrible drapeau rouge sang qui marque, menace, intimide, rabaisse les moines et les nonnes du Tibet. On entre dans ces lieux sacrés en passant près d'une plaque dorée qui explique certainement que l'on pénètre dans tel ou telle unité de travail, et qu'on doit cesser de prier le dimanche, qu'ils doivent planter des arbres comme tout le monde, faire de l'exercice, payer des taxes et obéir au parti. Sur 100 moines, 50 sont espions, 30 des enfants sans aucune connaissance et 20 sont des vieux résistants… (…)

Les missionnaires et la reconversion
Au Tibet, il y a 20 missionnaires. Ils sont américains. Il y a aussi une danoise. Ils traduisent la bible en tibétain. Ils enseignent l'anglais à travers la bible. L'un de leur dossier dit : " and now it is time for Tibet " (et maintenant c'est le tour du Tibet…)  (…) Ils enseignent l'anglais à l'université de Lhassa. Ils jouent de la guitare à Noël et à Pâques à la gloire de Dieu et de Jésus. 2 enfants, fils de missionnaires ont vu une tanka d'un bouddha. Ils sont partis en courant en disant " c'est le diable ".

construction / reconstruction
Tout le vieux village de Lhassa aura disparu. Ils rasent tout. Lhassa est une grande ville chinoise. (…) Tous les noms des rues de Lhassa ont étés sinisés. Je suis passé à Eastern Liberation Road. La route de la libération de l'Est. Il y avait une route qui s'appelait route de la joie (happy road). Elle s'appelle aujourd'hui route de Pékin.

Le Chaos
Le Tibet est une immense prison grande comme l'Europe occidentale. C'est à mon avis, et cet avis est partagé par des tibétains, une poudrière. Les gens n'en peuvent plus ; ils sont au bord du soulèvement. Je vous rappelle qu'il y a déjà eu 1 200 000 morts.  (…)
L'université est contrôlée.
La télé et contrôlée.
Les belles nomades de l'Amdo sont forcées de chanter en chinois.
On mélange, on divise, on sème le trouble, on abrutit, on sinise.
Les moines prisonniers doivent chanter l'hymne chinois chaque semaine pendant la montée du drapeau rouge sang...
Ils se révoltent, on les tue.
Les touristes ne voient rien.
Un drapeau tibétain au Tibet = au moins 12 ans de prison.
Je n'ai pas pu sortir de prison, pardon ... du Tibet , à cause d'une tempête de neige.
Un mois plus tard j'apprenais que pendant cette tempête, six tibétains âgés de trois à seize ans avaient péri morts de froid à 5600 m d'altitude. Au Nangpa la, à la frontières tibéto -népalaise.
Leur parents savaient qu'ils avaient peu de chance de les retrouver une fois au Népal ou en Inde.
Ils ne les retrouveront jamais. Ils espéraient que leurs enfants recevraient une éducation tibétaine derrière l'Himalaya. C'est loupé.
Les survivants de cette tragédie ont été amputés.
Soixante dix guides touristiques tibétains ont été expulsés de leur agence de tourisme du jour au lendemain.
A la place les Chinois mettent des guides chinois.
97% des tibétains en ont ras le bol.
Cela fait plusieurs mois que je suis rentré et je m'aperçois à quel point les gens ne savent pas ce qu'il se passe vraiment là-haut.
Même à des niveaux élevés de responsabilité au sein du gouvernement tibétain de la région "autonome" du Tibet les gens en ont marre. Mais ils doivent collaborer pour rester en vie.
Pendant deux ans et demi je n'ai vu que destruction du vieux Lhassa. Les chinois remplacent les vieilles maisons tibétaines par d'horribles immeubles avec sanitaires et points d'eau tout aussi déplorables.
La spéculation immobilière bat son plein. (…)

Ils nous ont aussi volé notre ciel bleu à Lhassa. Depuis 1997, il est pollué.
Et si le Tibet n'était plus éternel ?
Plusieurs mois après avoir quitté le Tibet j'ai réalisé que je sortais de l'enfer, toute ma vie je me battrai pour le Tibet, je n'abandonnerai jamais, jamais.

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